En cours de chargement...

Corneille, Love & Soul, son album hommage(s)

Hommage aux tubes de la pop, mais aussi et peut-être surtout, hommage aux femmes. A l’occasion de la sortie de son nouvel album, nous avons eu le plaisir de nous entretenir avec Corneille. Encore une fois, l’artiste nous marque de son élégance, son intelligence et sa simplicité.

Votre nouvel album, Love & Soul, sortira le 18 mai prochain, quatre ans après le précédent. Pendant ce temps, vous avez écrit votre autobiographie et nous avons le plaisir de vous voir évoluer sur le parquet de Danse avec les Stars. Cet album était-il déjà en préparation durant ces années ?

Corneille : Oui. Les premières ébauches de cette idée datent d’il y a environ deux ans. Contrairement à ce que j’ai l’habitude de faire, c’est-à- dire trouver l’inspiration pour composer et écrire, là il fallait choisir parmi un répertoire infini. Il fallait choisir des titres que je pouvais chanter parmi tous ceux que j’aime, et il y en a beaucoup ! J’ai passé une bonne année à chercher. L’idée a germé car, pour l’endormir, je chantais pas mal d’airs à ma fille qui venait de naître et je me suis rendu compte que je lui chantais des choses que je n’avais pas l’habitude de chanter, mais finalement c’était des chansons de mon enfance et de mon adolescence, des chansons qui m’évoquaient des tableaux. Je n’étais pas dans la performance, mais dans l’innocence.

Pour la génération 1970-1980, les titres que vous reprenez sont tous des madeleines de Proust : une volonté de faire un album « feel good », qui fait du bien ?

Corneille : Non, pas vraiment. C’était plus la volonté de me souvenir tout simplement, en chansons, en musique. La volonté d’accueillir une certaine nostalgie, et même une mélancolie. Il y avait des titres que j’aimais beaucoup mais que je n’ai pas retenus car ces morceaux ne suivaient pas le fil rouge, toujours empreint de la nostalgie et qui ramène à l’enfance. On ne peut pas dire « feel good » car Sade ou Tracy Chapman sont des chanteuses nostalgiques. Quand on est enfant, on vit des moments qui mélangent peine et joie, sans l’intellectualisation qui s’opère à l’âge adulte. Pendant l’enfance, les sentiments sont simples, sur le moment. Mais c’est vrai qu’il y a du bon dans cette nostalgie-là, de l’enfance et de l’adolescence, cela peut être feel good dans le sens du souvenir d’un moment qui nous manque.

Aucun regret de ne pas avoir écrit et composé ?

Corneille : Absolument aucun ! Je n’étais pas du tout dans le même état d’esprit. J’étais dans un esprit de laisser-aller ; quand on écrit, on reste dans un certain contrôle car c’est une part de soi-même que l’on donne et l’on veut que ce soit bien, que cela corresponde bien à ce que l’on voulait créer. Là, pas du tout. Je me suis laissé aller et je savais que je touchais à des monuments de la musique pop donc je n’allais pas m’amuser à toucher aux mélodies ! Je gardais l’essence de ces chansons, donc je n’avais d’autre choix que de me laisser aller. J’avais besoin de cette respiration pour retrouver une certaine légèreté. Et je n’avais pas non plus l’angoisse du « est-ce que le public va aimer ces mélodies » ? Le seul souci que je pourrai avoir c’est que les gens aiment moins ma version. Pour ma part, cela a été un vrai travail d’hommage, presque de mémoire, et j’ai fait cela en toute humilité.

Finalement, est-ce que vous ne vous sentez pas encore plus proche du public avec ses reprises qui font partie de la vie de tant de gens ?

Corneille : Si, tout à fait ! Je m’en suis rendu compte – parce que l’auteur-compositeur a ce complexe de « je ne peux pas faire de reprise » -, en participant au projet Forever Gentlemen. Le fait de ne pas chanter des chansons dont on serait les seuls ayant-droits amincit la ligne entre le public et l’artiste. A chaque fois que l’on montait sur scène pour chanter par exemple My way, le public, en chantant les premières notes avec nous faisait que l’on voyait le partage. Ils ne venaient pas nous écouter simplement, mais partager. Et je ressens la même chose avec cet album, même avec les journalistes avec lesquels je parle en ce moment. Nous sommes tous là-dedans, je prête ma voix, je ne suis pas créateur, je prête ma voix pour ramener tous ces souvenirs à la surface.

Pourquoi cette envie de rendre hommage aux femmes avec cet album ? D’où est venue cette impulsion ?

Corneille : Tout cela est intimement lié à la naissance de ma fille. Les choses se sont clarifiées, le choix des chansons. Cet album a pris forme grâce à une petite femme et je pense – j’assume le cliché – que par le simple fait d’être biologiquement construite pour donner la vie, la femme prend une place très particulière et légèrement supérieure à celle de l’homme… ce qui est encore le contraire dans la société et c’est absurde. Je crois très sincèrement à cela et ma vie ne serait pas ce qu’elle est si je n’avais pas eu le type de femmes que j’ai autour de moi. Je pense que le modèle féminin nous construit énormément. Les femmes autour de moi, ma mère, mon épouse, ma fille, ont fait et font ce que je suis. Cette transmission humaine de mère à mère ou de mère à fille, cette tendresse féminine est différente et singulière. Ce n’est pas la même chose que la masculinité. Et pour moi - pour revenir à la musique -, la chanson d’amour existe grâce aux femmes : un jeune garçon prend tout d’abord sa guitare pour tenter de séduire une jeune fille. J’ai fait cet album pour faire plaisir à une petite fille qui avait du mal à s’endormir. Et mon épouse était également ravie de m’entendre chanter un répertoire qu’elle aime. La femme est présente partout dans ma vie et cela ne s’applique pas seulement à cet album, mais à tous les précédents aussi.

Quel a été votre moment préféré lors de l’enregistrement de cet album ?

Corneille : Le moment où j’ai vraiment fait le lien entre ce que j’étais en train de faire, endormir ma fille, et ce que je pouvais en faire professionnellement : apporter la même facilité de chant et d’interprétation et le même lâcher-prise qu’avec ma fille mais dans le travail. Je pense qu’il y aura un avant et un après. Je pense que je vais pouvoir apporter un peu de cela dans mon prochain album aussi. J’ai appris à retrouver ce simple plaisir de chanter, comme quand je suis arrivé à Montréal avec mon petit groupe. Le simple plaisir de chanter. Ce déclic a été très important.

Vos projets pour la suite ?

Corneille : Je laisse cet album sortir déjà (rires), puis je pense à la scène, et une fois que la réflexion sur la scène est faite, en général je commence à penser au prochain album… Mais comme rien n’est figé avec moi, je préfère ne pas m’avancer ! (Rires)

Un grand merci à Corneille pour ce beau moment.

Commentaire

Vous devez être connecté pour pouvoir commenter

Nos recommandations
Article Rencontre avec Trois Cafés Gourmands

A l’occasion de la sortie de leur premier album, Un air de rien, le 5 octobre dernier, …

Article Jérémy Frérot, Matriochka, son premier album solo

L’ancien Fréro Delavega sortira son premier album solo, Matriochka, le 12 octobre …

Article Agustin Galiana célèbre l’amour

Le sympathique et talentueux acteur/danseur/chanteur espagnol a sorti son premier album …