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Une école parisienne impose un porte-clé connecté à ses élèves pour pointer leurs absences

Publié le 13 août 2018

On a beaucoup entendu parler de l’interdiction des smartphones dans les collèges. Voilà une autre décision qui fait déjà polémique : le port d’un porte-clé connecté pour surveiller les élèves.

L’établissement privé catholique Rocroy Saint-Vincent de Paul dans le seizième arrondissement de Paris accueille des enfants de la primaire au lycée. Récemment, il s’est fait remarquer en prenant une décision qui a fait grincer des dents : dès la rentrée 2018, tous ses élèves seront équipés d’un porte-clé connecté pour indiquer leur présence en classe. L’établissement se justifie en invoquant la facilité à faire l’appel et repérer les absences (qui seront par ailleurs automatiquement signalées au logiciel de vie scolaire École Directe).

Pas de géolocalisation

L’école se veut rassurante en annonçant que le porte-clé est inoffensif pour l’enfant. En particulier, le Bluetooth ne s’active qu’au moment de l’appel par le professeur et sa portée est limitée. N’utilisant pas la technologie de géolocalisation, il est impossible de connaître la position de l’élève grâce à l’objet, on sait seulement s’il est à portée de signal.

En outre, pour être en phase avec la CNIL et le nouveau Règlement européen sur la Protection des Données (RGPD), les données personnelles de l’enfant sont protégées, cryptées et ne feront en aucun cas l’objet d’une utilisation commerciale. New School, le concepteur, projette en outre d’étendre les fonctions du porte-clé : carte de cantine, bibliothèque et même moyen d’entrer et sortir de l’école.

Pour le moment, l’école semble vouloir imposer le dispositif puisqu’il fait l’objet d’un nouvel article du règlement intérieur de l’école que tous les élèves sont obligés d’accepter et signer en début d’année scolaire. Et, cerise sur le gâteau, en cas de perte le remplacement du porte-clé sera facturé 10 € à l’élève et sanctionné.

Big Brother à l’école

Un premier problème évident se pose : un tel dispositif ne constitue-t-il pas une atteinte à la vie privée de l’élève ? De nombreux parents le pensent et une pétition citoyenne (aujourd’hui close) a recueilli depuis fin juillet presque 3300 signatures en quelques jours. Le nom de cette pétition ? « Rocroy 1984 », subtile référence au roman dystopique de George Orwell. C’est dans ce fameux ouvrage qu’une figure énigmatique nommée Big Brother surveille les moindres faits et gestes de la population...

Pour le moment l’établissement scolaire ne s’est pas exprimé au-delà d’un message publié sur le site de l’école. La direction se veut rassurante, mais pas sûr que cela suffise aux nombreux élèves et parents hostiles au dispositif.

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