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Google suspend un projet de reconnaissance faciale pour abus sur des sans abris

Publié le 15 octobre 2019

Une nouvelle fois Google se retrouve sous les feux des projecteurs pour un nouveau manquement au respect de la vie privée. L’éditeur américain s’est en effet vu dans l’obligation de suspendre l’un de ses projets concernant la reconnaissance faciale.

Généralement, ce sont les utilisateurs directs des services d’un éditeur qui sont victimes d’abus concernant leurs données personnelles. Toutefois, dans ce cadre, ce sont des passants et plus précisément des étudiants et des personnes sans abris localisées à Atlanta qui ont été photographiés et analysés à leur insu, comme le rapporte le New York Times.

Rappelons que les lois en vigueur imposent aux entreprises d’obtenir le consentement d’une personne avant de collecter ses données personnelles, et a fortiori des photographies de son visage. Le consentement doit être explicite et la personne doit avoir connaissance de l’utilisation et des transferts qui seront opérés sur les informations la concernant.

Or, Google, à travers son prestataire Randstad, a photographié ces individus, y compris leurs visages, sans qu’ils en soient informés et bien entendu sans leur accord.

Pourquoi une telle collecte ?

La firme de Mountain View a fait l’objet de vives critiques concernant son système de reconnaissance faciale sous Android. Il ne serait absolument pas optimal sur les personnes à la carnation plus foncée, comme ce fut le cas du système d’Apple à son lancement vis-à-vis des communautés asiatiques. Cherchant à améliorer son service, le groupe aurait décidé de lancer une vaste campagne de collecte de photographies de visages afin d’affiner sa technologie.

Au départ, cette base de données ne devait contenir que des photos prises sur la base d’un programme participatif. Les volontaires devaient se voir récompensés par un bon d’achat de 5 dollars, ce qui ne représente rien pour délivrer son visage et tout ce qu’il recouvre. Dans les faits, le prestataire en charge de ce projet, à savoir la société Randstad, a peut-être joué le jeu en partie, mais a tout de même pris l’initiative d’élargir sa base avec des photos prises à la volée dans les rues d’Atlanta. Sans compter qu’il semble que l’argumentaire des personnes en charge de prendre les photos n’était pas toujours honnête et plus qu’insistant pour forcer la main aux jeunes adultes et aux personnes sans domicile fixe soit les moins enclins à en parler et à s’en plaindre à la presse.

Google se prémunit et remet la faute sur Randstad

Alertées par ces pratiques, les autorités d’Atlanta ont contacté Google afin que le groupe mette fin à ces actions. Face à cette accusation majeure qui touche à nouveau à son intégrité, l’éditeur américain se défend et affirme ne pas être à l’origine de telles démarches abusives. En complément, pour prouver sa bonne foi, le groupe a décidé de suspendre son programme de recherche le temps de mener son enquête.

Après l’affaire des écoutes abusives de commandes vocales avec les assistants vocaux, Google est une fois de plus entaché dans sa fiabilité et le respect de ses utilisateurs. 

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