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Shaka Ponk, The Evol’, le nouvel album

Nommé aux Victoires de la Musique dans la catégorie « Album Rock », le dernier album de Shaka Ponk porte le nom finement pensé de « The Evol’ ». Nous avons eu le plaisir de nous entretenir avec Frah, le chanteur du groupe, quelques heures avant son concert à Marseille.

Pour votre nouvel album, The Evol, vous avez pris votre temps. A t’il été réalisé très différemment des précédents, notamment en termes de participation des uns et des autres ?

Frah : Nous avons tout fait autrement ! Car d’habitude nous faisons plutôt les choses à la volée dans un état d’esprit différent ; nous courons dans tous les sens et au milieu, nous faisons des chansons et nous les enregistrons en speed. Là, de pouvoir se poser quelque part et de pouvoir faire autrement, ça a tout changé. C’est très agréable, nous pouvons essayer plus de choses sans forcément les finir, revenir dessus, les changer etc. Le résultat est différent, forcément. Est-ce mieux ou moins bien, je ne sais pas, mais c’est différent. Nous avons vraiment vécu un truc très original (alors que pour la plupart des artistes, c’est plutôt la norme !).

Pouvez-vous nous expliquer la signification du titre « The Evol’ » ?

Frah : Nous sommes un groupe parti d’un concept particulier : nous avons monté ce projet Shaka Ponk autour d’une sorte de rapport entre l’espèce humaine, la nature et l’animal. Le fil rouge est celui du comportement de l’être humain et de son évolution (d’où l’utilisation du singe dans les clips et sur scène). D’autres personnages parlent aux humains et leur expliquent qu’ils font n’importe quoi. Au sixième album, nous nous sommes dit que nous allions aller plus loin et appeler l’album Evolution ou The evolution. Mais « évolution » signifie aller vers le mieux, et là c’est plutôt le contraire. D’où evol, qui sonne un peu comme evil (le mal), et surtout fait love (amour) à l’envers : la solution au mal qui ronge la planète se trouve dans l’amour de son semblable.

La pochette a fait polémique. Pouvez-vous nous expliquer quel message vous souhaitiez vraiment faire passer à travers elle ?

Frah : Nous avons fait cette pochette pour passer un message plutôt joli, plutôt poétique. C’est une métaphore qui nous permettait de montrer une sorte de réconciliation entre l’homme, représenté par la femme (moins guerrière et qui enfante) et le signe qui représente l’animal, la nature. Il n’y a pas de différence de classes d’espèces dans la nature. Cette pochette, comme le titre, est perçue par les gens en fonction de ce qu’ils sont eux-mêmes. Nous ne nous attendions pas à cette polémique. Cette pochette veut simplement percuter et dire « il faut arrêter les bêtises vis-à-vis de la nature ». Il faut être plus humbles et reprendre les choses au début. Cette planète ne nous appartient pas.

L’album a-t’il un message principal en fil rouge ?

Frah : Nous avons malheureusement trop de dossiers à traiter sur ce concept du comportement humain et cela s’étale du premier album à celui-ci. Nous parlons de la tendance que les gens ont à s’enfermer dans leur propre vie sans se poser de questions sur ce qu’il se passe autour, notamment dans les autres pays, ou par rapport à l’environnement. Les choses se resserrent pourtant autour de nous et des événements se produisent, qu’ils soient naturels ou faits par les humains (extrémisme). Nous parlons beaucoup de cela et pour la première fois, nous avons fait une chanson sur le spécisme et sur le véganisme.

Vous êtes allés résolument plus loin avec cet album. Nous imaginons qu’il en est de même sur scène ?

Frah : Sur scène la même chose : nous avons pris le temps de travailler sur une scénographie avec un décor de civilisation en ruine et la nature qui reprend ses droits avec des vrais éléments que nous avons prolongés dans des écrans avec de faux personnages qui viennent interagir avec nous. Nous nous sommes permis plus d’interaction et plus de poésie que d’habitude. Nous voulions que le public en prenne plein les yeux pendant deux heures. Nous présentons des scènes concrètes dans des décors concrets pour que le spectateur puisse voyager d’un tableau à l’autre. Nous nous sommes lâchés sur le gigantisme du truc ! C’est tellement impressionnant que lorsque nous avons filmé le premier concert, nous nous sommes dit que c’était too much*… il fallait quand même que cela reste un concert de rock ! Nous avons donc un peu réajusté les choses.

Vous êtes des artistes très complets : quel serait votre rêve ultime pour combiner tous vos arts ?

Frah : Nous aimerions pouvoir collaborer avec de grands studios et avoir de vrais professionnels de l’image qui puissent travailler pour nos idées. Nous pourrions ainsi exporter une sorte de spectacle rock’n’roll à l’étranger, avec une fondation ou une organisation qui agit en faveur de l’environnement qui nous suive. Malheureusement, à cause de notre gigantisme, nous sommes relativement enfermés entre la France et les pays proches. Mais nous y travaillons.

Un grand merci à Frah.

Crédit photo Denis Rouvre

*trop

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