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Tina Arena, son nouvel album « Quand tout recommence » - Rencontre.

Après 10 ans d’absence en France, Tina Arena revient avec un nouvel album français joliment titré « Quand tout recommence ». Nous avons eu le plaisir d’échanger avec cette immense artiste.

« Quand tout recommence » est votre 12e album studio : votre public attendait un nouvel album en France depuis 10 ans : qu’est-ce qui a motivé cette sortie ?

Tina Arena : Je pense que la vie doit prendre le dessus à un certain moment. Après des années de tournées à droite à gauche, j’avais passé pas mal de temps en France, et j’avais besoin d’un break après le dernier disque… Besoin d’espace, besoin de temps pour mon fils. Il me fallait du temps chez moi après pas mal d’années en dehors du pays. Pendant ces années, j’ai enregistré cinq albums et fait cinq tournées en Australie et à travers le monde.

Il ne semble pas y avoir de fil rouge évident sur ce disque : porte-t-il cependant un message que vous aviez envie de faire passer ?

Tina Arena : Non, nous avons juste fait en sorte qu’il y ait une collection de chansons qui soient cohérentes, en abordant les sujets que nous avions envie d’aborder et des mélodies qui inspirent. En art musical, on ne peut pas produire la même chose tout le temps. Les sujets prennent énormément place ; un texte dicte plein de choses.

Vous avez travaillé avec des auteurs à succès sur cet album, mais aussi avec de jeunes talents, à l’instar de votre premier single « Tant que tu es là », écrit par Alma : pouvez-vous nous parler de ces collaborations ?

Tina Arena : Je pense qu’Alma est une des personnes les plus connues sur cet album. J’ai aussi travaillé avec Marc Hekic, moins connu mais qui est un auteur très élaboré dans son genre. J’aime aussi beaucoup Les Deltas, un jeune trio belge, je suis fan de leur approche musicale..

Avec « Balles à blanc », vous parlez des mots qui blessent aussi fort qu’une arme. On ne vous attendait pas nécessairement sur ce registre ; qu’est-ce qui vous a plu dans ce texte ?

Tina Arena : Le texte lui-même et le sujet lui-même car c’est une vraie réalité. Des mots sortent dans certains contextes de conversation et ce sont comme des balles. Je me suis aperçue de la puissance de la langue, des phrases, des mots, qui ont une profondeur assez touchante, presque gênante en fait.

Trouvez-vous les mots plus forts en Français ?

Tina Arena : Il y a une chose particulière avec la langue française : il y a beaucoup plus de matière, beaucoup plus de manières de dire une seule chose. Et c’est vrai que ce disque m’a orientée vers cela : il faut essayer de trouver à dire des choses sur des sujets qui ne sont pas forcément confortables ou attendus. Ces morceaux sont faits comme des robes, sur-mesure, complètement pour moi. Car il faut aussi que je sois à l’aise avec le rythme des mots, que cela sonne, que cela ait du rythme. Il faut rester crédible et ne pas tomber dans le ridicule.

Dans « Parfait », vous dites « je veux, je veux, et j’aimerais que tout soit parfait » : doit-on le comprendre comme un autoportrait ou le message est-il tout autre ?

Tina Arena : On ne peut pas être parfait, la perfection n’existe pas. C’est la beauté de cette chanson : il faut la prendre au 2e degré. On peut essayer d’être parfait, mais c’est impossible. Cela n’existe pas. C’est pour cela que j’aimais dire « je veux je veux et j’aimerais que tout soit parfait ».

Si un titre vous tenait particulièrement à cœur sur cet album, ce serait lequel et pourquoi ?

Tina Arena : C’est difficile ! Les Balles à blanc. Je la trouve très très belle. C’est presque du théâtre et j’adore théâtraliser.

J’ai lu que votre discours lors de votre acceptation du titre Hall of Fame avait marqué les esprits. Qu’avez-vous dit ?

Tina Arena : C’est un discours qui date de trois ans et qui aborde le sujet des femmes d’un certain âge. J’ai fait une référence aux radios en Australie. Je dis que quand une femme arrive à 40 ans, elle n’est pas « terminée ». Ce n’est pas la décision d’un milieu ou de quelqu’un qui fait qu’elle est terminée. C’est la femme qui décide d’arrêter. Les Australiens sont en train de soutenir l’économie des autres. Un art ne peut pas continuer dans ce contexte. J’ai parlé des inégalités des femmes et des hommes, aujourd’hui mise en lumière à cause de l’affaire Weinstein. La pression d’être femme, de rester intègre, est un travail très très difficile. Les malentendus, la manipulation, la brutalité de ce milieu… cela ne devrait pas exister. Il faut avoir du respect. J’ai commencé à pouvoir parler de tout cela il y a quelques années, mais j’ai eu la chance de pouvoir en parler pendant 10 minutes en direct à la télévision. Je suis reconnaissante qu’on m’ait laissé ainsi la parole et le seul message dans ce sujet est : les femmes d’aujourd’hui doivent se soutenir et se respecter l’une et l’autre car en collectivité qu’on a de la force. Et ce n’est pas pour énerver les hommes, c’est vraiment pour que les gens prennent conscience de ce qu’il se passe et qu’ils fassent de leur mieux pour améliorer les choses. C’est une responsabilité que nous avons, nous les femmes, de dire la vérité. Si ma carrière doit s’arrêter demain à cause de mon honnêteté, alors c’est qu’il n’y a pas la place pour moi dans ce milieu. C’est tout ce qui m’intéresse : spontanéité, honnêteté. A cinquante ans, c’est inadmissible qu’on puisse me dire « il faut arrêter » ! On ne dirait jamais cela à un homme. Si on me le dit à moi, on doit le dire aussi à un homme.

Il y a énormément de choses à apprendre à travers les femmes dans le milieu du showbiz et dire ce qu’il se passe est une responsabilité.

J’ai commencé à 7 ans dans ce milieu : j’ai tout vu ! Inutile d’essayer de me voiler. Et ce ne sont pas seulement les femmes qui souffrent de tout ce qu’il se passe sexuellement, les hommes aussi. Je pense qu’on ne peut faire avancer les choses que collectivement avec eux.

Il faut mettre de la positivité et garder l’espoir que les choses changent. Il faut que la communauté se réveille. Il est certes plus facile de se taire, mais il faut parler pour faire évoluer les choses. Aujourd’hui les gens sont plus éduqués grâce aux informations qui sont à leur disposition, donc j’ai bon espoir que tout cela s’améliore. Je reste très positive et je garde espoir.

Un grand merci à Tina Arena.

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